t)Ü JUGEMENT QU’ON PORTE, &c. 211
donnent à l’ame plus de force et d’énergie;mais la pensée va peut-être encore plus loinquand elle n’a point de bornes ni même debut déterminé, et que, sans cesse en rap-port avec l’immense et l’infini, aucun intérêtne la ramène aux choses de ce monde.
Toutes les fois qu’une idée se consolide,c’est-à-dire ou’elle se change en institution,rien de mieux que d’en examiner attentive-ments les résultats et les conséquences, dela circonscrire et de la fixer: mais quand ils’agit d’une théorie, il faut la considérer enelle-même. Il n’est plus question de pratique,il n’est plus question d’utilité, et la recher-che de la vérité dans la philosophie, commel’imagination dans la poésie, doit être in-dépendante de toute entrave.
Les Allemands sont comme les éclaireurs
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de l’armée de l’esprit humain; ils essayentdes routes nouvelles, ils tentent des moyensinconnus: comment ne seroit-on pas curieuxde savoir ce qu’ils disent au retour de leursexcursions dans l’infini? Les Anglais, quiont tant d’originalité dans le caractère, re-doutent néanmoins assez généralement lesnouveaux systèmes. La sagesse d’espritleur a fait tant de bien dans les affaires de