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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
la vie, qu’ils aiment à la retrouver dans lesétudes intellectuelles; et c’est là cependantque l’audace est inséparable du génie; Legénie, pourvu qu’il respecte la religion et lamorale, doit aller aussi loin qu’il veut: c’estl’empire de la pensée qu’il agrandit.
La littérature, en Allemagne, est telle-ment empreinte de la philosophie dominante,que l’éloignement qu’on auroit pour l’unepourroit influer sur le jugement qu’on porte-roit sur l’autre: cependant les Anglais, de-puis quelque temps, traduisent avec plaisirles poètes allemands, et ne méconnoissentpoint l’analogie qui doit résulter d'une mêmeorigine. Il y a plus de sensibilité dans lapoésie anglaise et plus d’imagination dansla poésie allemande. Les affections domes-tiques exerçant un grand empire sur le cœurdes Anglais, leur poésie se sent de la déli-catesse et de la fixité de ces affections : lesAllemands, plus indépendants en toutparce-qu’ils sont moins libres, peignent les senti-ments comme les idées à travers des nuages:on dirait que l’univers vacille devant leursyeux, et l’incertitude même de leurs regardsmultiplie les objets dont leur talent peut seservir.