LA FÊTE D'INTERLAKEN.
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dans un lieu pareil que Guillaume Tell sutbraver les abîmes et s’attacher à des écueilspour échapper à ses tyrans. Nous aper-çûmes alors dans le lointain cette montagnequi porte le nom de Vierge (Jungfrau),parcequ’aucun voyageur n’a jamais pugravir jusqu’à son sommet: elle est moinshaute que le Mont-Blanc, et cependant elleinspire plus de respect, parcequ’on la saitinaccessible.
Nous arrivâmes à Unterseen, et le bruitde l’Aar, qui tombe en cascades autour decette petite ville, disposoit l’ame à des im-pressions rêveuses. Les étrangers, en grandnombre, étoient logés dans des maisons depaysans fort propres, mais rustiques. Ilétoit assez piquant de voir se promenerdans la rue d’Unterseen de jeunes Parisienstout à coup transportés dans les vallées dela Suisse; ils n’entendoient plus que le bruitdes torrents; ils ne voyoient plus que desmontagnes, et cherchoient si dans ces lieuxsolitaires ils pourroient s’ennuyer assez pourretourner avec plus de plaisir encore dans lemonde.
On a beaucoup parlé d’un air joué par lescors des Alpes, et dont les Suisses recevoient