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DE L’ALLEMAGNE.
ces pauvres en bonheur, en espérances, unde ces infortunés, enfin, qu’on doit soulagerau nom de Dieu ?
Tout dans la ville et le canton de Berneporte l’empreinte d’un ordre sérieux et calme,d’un gouvernement digne et paternel. Unair de probité se fait sentir dans chaque ob-jet que l’on aperçoit ; on se croit en familleau milieu de deux cent mille hommes, quel’on appelle nobles, bourgeois ou paysans,mais qui sont tous également dévoués à lapatrie.
Pour aller à la fête, il falloit s’embarquersur l’un de ces lacs dans lesquels les beautésde la nature se réfléchissent, et qui semblentplacés au pied des Alpes pour en multiplierles ravissants aspects. Un temps orageuxnous déroboit la vue distincte des montagnes,mais, confondues avec les nuages, elles n’enétoient que plus redoutables. La tempêtegrossissoit, et bien qu’un sentiment de terreurs’emparât de mon ame, j’aimois cette foudredu ciel qui confond l’orgueil de l’homme.Nous nous reposâmes un moment dans uneespèce de grotte avant de nous hasarder àtraverser la partie du lac de Thun, qui estentourée de rochers inabordables. C’est