LA FETE D’INTERLAKEN. 189
de leur contrée n’ait pas enflammé davan-tage leur imagination. Toutefois un peuplereligieux et libre est toujours susceptible d’ungenre d’enthousiasme, et les occupations ma-térielles de la vie ne sauroient l’etouffer en-tièrement. Si l’on en avoit pu douter, ons’en seroit convaincu par la fête des bergers,qui a été célébrée l’année dernière, au mi-lieu des lacs, en mémoire du fondateur deBerne.
Cette ville de Berne mérite plus que ja-mais le respect et l’intérêt des voyageurs :il semble que depuis ses derniers malheurselle ait repris toutes ses vertus avec une ar-deur nouvelle, et qu’en perdant ses trésorselle ait redoublé de largesses envers les in-fortunés. Ses établissements de charité sontpeut-être les mieux soignés de l’Europe :l’hôpital est l’édifice le plus beau, le seulmagnifique de la ville. Sur la porte est écritecette inscription: Christo in paupeki-bus, au Christ dans les pauvres. Il n’en estpoint de plus admirable. La religion chré-tienne ne nous a-t-elle pas dit que c’étoitpour ceux qui souffrent que le Christ étoitdescendu sur la terre ? et qui de nous, dansquelque époque de sa vie, n’est pas un de