LA PRUSSE.
149
fois le sort de la Prusse n’a que trop apprisce que c’est que l’influence même d’un grandhomme, alors que durant son règne il netravaille point généreusement à se rendreinutile: la nation toute entière s’en reposoitsur son roi de son principe d’existence, etsembloit devoir finir avec lui.
Frédéric II auroit voulu que la littératurefrançaise fût la seule de ses états. Il ne fai-soit aucun cas de la littérature allemande.Sans doute elle n’étoit pas de son temps àbeaucoup près aussi remarquable qu’à pré-sent; mais il faut qu’un prince allemand en-courage tout ce qui est allemand. Frédéricavoit le projet de rendre Berlin un peu sem-blable à Paris, et se flattoit. de trouver dansles réfugiés français quelques écrivains assezdistingués pour avoir une littérature fran-çaise. Une telle espérance devoit néces-sairement être trompée; les cultures facticesne prospèrent jamais: quelques individuspeuvent lutter contre les difficultés que pré-sentent les choses; mais les grandes massessuivent toujours latente naturelle. Frédérica fait un mal véritable à son pays, en pro-fessant du mépris pour le génie des Alle-mands. Il en est résulté que le corps ger-