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DE L’ALLEMAGNE.
dans le corps politique cet ensemble quipersonnifie letat et constitue le patriotisme.
Ces observations sur la Prusse portenttoutes sur les moyens qu’elle avoit de semaintenir et de se défendre: car rien dansle gouvernement intérieur u’y nuisoit à l’in-dépendance et à la sécurité; c’étoit l’un despa} r s de l’Europe où l’on honorait le plusles lumières; où la liberté de fait, si ce n’estde droit, étoit le plus scrupuleusement re-spectée. Je n’ai pas rencontré dans toutela Prusse un seul individu qui se plaignîtd’actes arbitraires dans le gouvernement, etcependant il n’y aurait pas eu le moindredanger à s’en plaindre; mais quand dans unétat social le bonheur lui-même n’est, pourainsi dire, qu’un accident heureux, et qu’iln’est pas fondé sur des institutions durablesqui garantissent à l’espèce humaine sa forceet sa dignité, le patriotisme a peu de persé-vérance, et l’on abandonne facilement auhasard les avantages qu’on croit ne devoirqu’à lui. Frédéric II, l’un des plus beauxdons de ce hasard qui sembloit veiller sur laPrusse, avoit su se faire aimer sincèrementdans son pays, et depuis qu’il n’est plus onle chérit autant que pendant sa vie. Toute-