LA PRUSSE.
147
“ séparent.”(l) L’ascendant de Frédéric,entretenu par la sagesse de ses successeurs,s’est manifesté quelque temps encore; ce-pendant on sentoit toujours en Prusse lesdeux nations qui en composoient mal uneseule; l’armée, et l’état civil. Les préjugésnobiliaires subsistoient à côté des principeslibéraux les plus prononcés. Enfin, l’imagede la Prusse offrait un double aspect, commecelle de Janus; l’un militaire, et l’autre phi-losophe.
Un des plus grands torts de Frédéric futde se prêter au partage de la Pologne. LaSilésie avoit été acquise par les armes, laPologne fut une conquête machiavélique,“ et l’on ne pouvoit jamais espérer que des“ sujets ainsi dérobés fussent fidèles àl’esca-“ moteur qui se disoit leur souverain.” (2)D’ailleurs, les Allemands et les Esclavons nesauraient s’unir entre eux par des liens indis-solubles; et ouand une nation admet dansson sein pour sujets des étrangers ennemis,elle se fait presque autant de mal que quandelle les reçoit pour maîtres : car il n’y a plus
(1) Supprimé par la Censure.
(2) Supprimé par la Censure,
L 2