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DE L’ALLEMAGNE.
sur la force militaire et la justice civile: illes concilioit l'une et l'autre par sa sagesse;mais il étoit difficile de mêler ensembledeux esprits d’une nature si opposée.Frédéric vouloit que ses soldats fussent desmachines militaires, aveuglément soumises,et que ses sujets fussent des citoyens éclairéscapables de patriotisme. 11 n'établit pointdans les villes de Prusse des autorités se-condaires, des municipalités telles qu'il enexistoit dans le reste de l'Allemagne, de peurque l'action immédiate du service militairene pût être arrêtée par elles: et cependantil souhaitoit qu'il y eût assez d’esprit deliberté dans son empire pour que l'obéissancey parût volontaire. Il vouloit que l'étatmilitaire fût le premier de tous, puisquec'étoit celui qui lui étoit le plus nécessaire;mais il auroit désiré que l’état civil se main-tînt indépendant à côté de la force. Frédé-ric, enfin, vouloit rencontrer par-tout desappuis, mais nulle part des obstacles.
L'amalgame merveilleux de toutes lesclasses de la société ne s’obtient guère quepar l’empire de la loi, la même pour tous.Un homme peut faire marcher ensemble deséléments opposés, mais “ à sa mort ils se