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1 (1813)
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DE LALLEMAGNE.

La langue allemande a une gaieté qui luiest propre, la société ne la point rendue ti-mide, et les bonnes mœurs Font laissée pure;mais cest une gaieté nationale à la portéede toutes les classes. Les sons bizarres desmots, leur antique naïveté, donnent à la plai-santerie quelque chose de pittoresque dontle peuple peut samuser aussi bien que lesgens du monde. Les Allemands sont moinsgênés que nous dans le choix des expressions,parceque leur langue nayant pas été aussifréquemment employée dans la conversationdu grand monde, elle ne se compose pascomme la nôtre de mots quun hasard, uneapplication, une allusion rendent ridicules,de mots enfin qui, ayant subi toutes les aven-tures de la société, sont proscrits injustementpeut-être, mais ne sauroient. plus être admis.La colère sest souvent exprimée en allemand,mais on nen a pas fait larme du persiflage,et les paroles dont on se sert sont encoredans toute leur vérité et dans toute leurforce; cest une facilité de plus: mais aussiïon peut exprimer avec le français mille ob-servations fines, et se permettre mille toursdadresse dont la langue allemande est jus-quà présent incapable.