DE LA LANGUE ALLEMANDE, Sec.
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II faut se mesurer avec les idées en alle-mand, avec les personnes en français ; il fautcreuser à l’aide de l’allemand, il faut arriverau but en parlant français ; l’un doit peindrela nature, et l’autre la société. Goethe faitdire dans son roman de Wilhelm Meister, à unefemme allemande, qu’elle s’aperçut que sonamant vouloit la quitter pareequ’il lui écri-voit en français. Il y a bien des phrases eneffet dans notre langue pour dire en mêmetemps et ne pas dire, pour faire espérer sanspromettre, pour promettre même sans se lier.L’allemand est moins flexible, et il fait biende rester tel; car rien n’inspire plus de dé-goût que cette langue tudesque quand elleest employée aux mensonges, de quelque na-ture qu’ils soient. Sa construction traînante,ses consonnes multipliées, sa grammaire sa-vante ne lui permettent aucune grâce dansla souplesse ; et l’on diroit qu’elle se roiditd’elle-même contre l’intention de celui quila parle, dès qu’on veut la faire servir à tra-hir la vérité.