DE L’IMITATION DE L’ESPRIT FRANÇAIS. 8 7
pagnie. La plupart des Autrichiens, (pii nesavoient pas se prêter à la langue et aux cou-tumes françaises, ne vivoient point du toutdans le inonde ; il en résultoit qu’ils ne s’a-doucissoient point par l’entretien des fem-mes, et restoient à la fois timides et rudes,dédaignant tout ce qu’on appelle la grâce etcraignant cependant en secret d’en manquer:sous prétexte des occupations militaires, ilsne cultivoient point leur esprit et ils négli-geoient souvent ces occupations mêmes,parcequ’ils n’entendoient jamais rien qui pûtleur faire sentir le prix et le charme de lagloire. Ils croyoient se montrer bons Alle-mands en s’éloignant d’une société où lesétrangers seuls avoient l’avantage, et jamaisils ne songeoient à s’en former une capablede développer leur esprit et leur ame.
Les Polonais et les Pusses, qui faisoientle charme de la société de Vienne, ne par-loient que français, et contribuoient à enécarter la langue allemande. Les Polonai-ses ont des manières très séduisantes; ellesmêlent l’imagination orientale à la souplesseet à la vivacité de l’esprit français. Néan-moins, même chez les nations esclavonnes,les plus flexibles de toutes, l’imitation du