LA CHEVALERIE.
4 7
légères et inattaquables en elles-mêmes quetelle femme l’a aimé et qu’il ne s’en soucieplus. “ Mon amour-propre me crie : Fais-lamourir de chagrin” clisoit un ami du baron deBezenval, et cet ami lui parut très regrettablequand une mort prématurée l’empêcha desuivre ce beau dessein. On se lasse de tout ,mon ange , écrit M. de La Clos dans un romanqui fait frémir par les raffinements d’immo-ralité qu’il décèle. Enfin, dans ces tempsoù l’on prétendoit que l’amour régnoit enFrance, il me semble que la galanterie met-tait les femmes, pour ainsi dire, hors la loi.Quand leur règne d’un moment était passé,il n’y avoit pour elles ni générosité, ni re-connoissance, ni même pitié. L’on contre-faisoit les accents de l’amour pour les fairetomber dans le piège, comme le crocodile,qui imite la voix des enfants pour attirerleurs mères.
Louis XIV, si vanté par sa galanterie che-valeresque, ne se montra-t-il pas le plus durdes hommes dans sa conduite envers la femmedont il avoit été le plus aimé, madame deLa Vallière? Les details qu’on en lit dansles mémoires de Madame sont affreux. Ilnavra de douleur l’ame infortunée qui n’avoit