PRÉFACE.
XV
I
aux maîtres de poste de me donner deschevaux, et Ton eût dit que le salut de l’étatdépendoit d’une aussi foible existence que lamienne. Je me résignai cependant encore àcet emprisonnement dans toute sa rigueur,quand un dernier coup me le rendit tout àfait insupportable. Quelques uns de mesamis furent exilés parcequ’ils avoient eu lagénérosité de venir me voir—c’en étoit trop—porter avec soi la contagion du malheur, nepas oser se rapprocher de ceux qu’on aime,craindre de leur écrire, de prononcer leurnom, être l’objet tour à tour, ou des preuvesd’affection qui font trembler pour ceux quivous les donnent, ou des bassesses raffinéesque la terreur inspire, c’étoit une situation àlaquelle il falloit se soustraire si l’on vouloitencore vivre !
On me disoit pour adoucir mon chagrinque ces persécutions continuelles étoient unepreuve de l’importance qu’on attachoit à