XIV
PREFACE.
que trop montré le regret d’un séjour où jeconserve tant d’objets d’affection, où ceuxqui me sont chers me plaisent tant! Maisde cet attachement peut être trop vif pourune contrée si brillante et pour ses spirituelshabitants, il ne s’en suivoit point qu’il dutm’être interdit d’admirer l’Angleterre. On l’avue, comme un chevalier armé pour la dé-fense de l’ordre social, préserver l’Europependant dix années de l’anarchie et pendantdix autres du despotisme. Son heureuseconstitution fut, au commencement de larévolution, le but des espérances et desefforts des Français, mon âme en est restéeoù la leur étoit alors.
À mon retour dans la terre de mon père,le préfet de Genève me défendit de m’enéloigner à plus de quatre lieues. Je mepermis un jour d’aller jusqu’à dix dans lesimple but d’une promenade ; aussitôt lesgendarmes coururent après moi, l’on défendit