3/6
LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
général de ces critiques est le même quecelui de Rousseau dans sa lettre contre lamusique française. Ils croient trouver dansplusieurs de nos tragédies l'espèce d'affecta-tion pompeuse que Rousseau reproche àLully et à Rameau, et ils prétendent que lemême goût qui faisoit préférer Coypel etBoucher dans la peinture, et le ChevalierBernin dans la sculpture, interdit à la poésiel'élan qui seul en fait une jouissance divine ;enfin ils seroient tentés d'appliquer à notremanière de concevoir et d'aimer les beaux-arts ces vers tant cités de Corneille :
Othon à la princesse a fait un compliment
Plus en homme d’esprit qu’en véritable amant.
W. Schlegel rend hommage cependant à laplupart de nos grands auteurs ; mais ce qu'ils'attache à prouver seulement, c'est quedepuis le milieu du dix-septième siècle legenre maniéré a dominé dans toute l’Eu-?rope, et que cette tendance a fait perdre laverve audacieuse qui animoit les écrivainset les artistes à la renaissance des lettres.Dans les tableaux et les bas-reliefs où LouisXIV est peint, tantôt en Jupiter, tantôt enHercule, il est représenté nu, ou revêtuseulement d’une peau de lion, mais avec sa