LES CRITIQUES A. W. ET F. SCHLEGEL. 3?3
respect pour l’espèce humaine que de nejamais lui parler d’après soi seul, et sanss’être informé consciencieusement de toutce que nos prédécesseurs nous ont laissépour héritage. Les Allemands, dans lesrichesses de l’esprit humain, sont de vérita-bles propriétaires: ceux qui s’en tiennent àleurs lumières naturelles ne sont que desprolétaires en comparaison d’eux.
Après avoir rendu justice aux rares talentsdes deux Schlegel, il faut examiner pourtanten quoi consiste la partialité qu’on leur re-proche, et dont il est vrai que plusieurs deleurs écrits ne sont pas exempts; ils pen-chent visiblement pour le moyen âge, etpour les opinions de cette époque; la cheva-lerie sans taches, la foi sans bornes, et lapoésie sans réflexions leur paroissent in-séparables, et ils s’appliquent à tout ce quipourrait diriger dans ce sens les esprits etles âmes. W. Schlegel exprime son admira-tion pour le moyen âge dans plusieurs deses écrits, et particulièrement dans deuxstances dont voici la traduction:
“ L’Europe étoit une dans ces grands“ siècles, et le sol de cette patrie universelleétoit fécond en généreuses pensées qui