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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
coup ces chrétiens, fortifiés par la prière, serelèvent, se précipitent sur leurs adversaireset remportent à la fin la victoire dont leurpieuse ardeur les avoit rendus dignes. Descirconstances de ce genre se retrouvent sou-vent dans Tbistoire de Millier, et son langageébranle l’aine, lors même que ce qu’il ditn’est point pathétique : il y a quelque chosede grave, de noble et de sévère dans sonstyle, qui réveille puissamment le souvenirdes vieux siècles.
C’étoit cependant un homme mobile avanttout que Muller; mais le talent prend toutesles formes, sans avoir pour cela un momentd’hypocrisie. 11 est ce qu’il paroit, seule-ment il ne peut se maintenir toujours dansla même disposition, et les circonstancesextérieures le modifient. C’est sur-tout àla couleur de son style que Müller doit sapuissance sur l'imagination ; les mots an-ciens dont il se sert si à propos ont un airde loyauté germanique qui inspire de laconfiance. Néanmoins il a tort de vouloirquelquefois mêler la concision de Tacite àla naïveté du moyen âge: ces deux imita-tions se contredisent. Il n’y a même queMillier à qui les tournures du vieux aile-