DES HISTORIENS ALLEMANDS.
351
se déterminèrent aux plus périlleuses actionsque la conscience puisse commander; lecalme dans la délibération, la solennité duserment: l’ardeur dans Inexécution: l’irré-vocable qui se fonde sur la volonté del’homme, tandis qu’au dehors tout peutchanger, quel tableau ! Les images seules yfont naître les pensées : les héros de cet évè-nement, comme l’auteur qui le rapporte,sont absorbés par la grandeur même del’objet. Aucune idée générale ne se pré-sente à leur esprit, aucune réflexion n’altèrela fermeté de l’action ni la beauté du récit.
A la bataille de Granson, dans laquelle leduc de Bourgogne attaqua la foibie arméedes cantons suisses, un trait simple donne laplus touchante idée de ces temps et de cesmœurs. Charles occupoit déjà les hauteurs,et se croyoit maître de l’armée qu’il voyoitde loin dans la plaine; tout à coup, au leverdu soleil, il aperçut les Suisses qui, suivantla coutume de leurs pères, se mettoienttousà genoux pour invoquer avant le combat laprotection du Seigneur des seigneurs ; lesBourguignons crurent qu’ils se mettoient àgenoux ainsi pour rendre les armes et pous-sèrent des cris de triomphe ; mais tout à