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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
quand on ne vous fait pas voir les objetsextérieurs dont les hommes étoient envi-ronnés.
L’érudition qui a induit Millier à mettretrop d’importance à chaque fait lui est bienutile quand il s’agit d’un évènement vrai-ment digne d’être animé par l’imagination.Il le raconte alors comme s’il s’éloit passé laveille, et sait lui donner l’intérêt qu’une cir-constance encore présente feroit éprouver.Il faut, autant qu’on le peut, dans l’histoirecomme dans les fictions, laisser au lecteurle plaisir et l’occasion de pressentir lui-mêmeles caractères et la marche des évènements.Il se lasse facilement de ce qu’on lui dit,mais il est ravi de ce qu’il découvre ; etl’on assimile la littérature aux intérêts dela vie, quand on sait exciter par le récitl’anxiété de l’attente; le jugement du lec-teur s’exerce sur un mot, sur une action quifait tout à coup comprendre un homme, etsouvent l’esprit même d’une nation et d’unsiècle.
La conjuration du Riitli, telle qu’elle estracontée dans l’histoire de Müller, inspireun intérêt prodigieux. Cette vallée paisibleoù des hommes, paisibles aussi comme elle,