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2 (1813)
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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.

quand on ne vous fait pas voir les objetsextérieurs dont les hommes étoient envi-ronnés.

Lérudition qui a induit Millier à mettretrop dimportance à chaque fait lui est bienutile quand il sagit dun évènement vrai-ment digne dêtre animé par limagination.Il le raconte alors comme sil séloit passé laveille, et sait lui donner lintérêt quune cir-constance encore présente feroit éprouver.Il faut, autant quon le peut, dans lhistoirecomme dans les fictions, laisser au lecteurle plaisir et loccasion de pressentir lui-mêmeles caractères et la marche des évènements.Il se lasse facilement de ce quon lui dit,mais il est ravi de ce quil découvre ; etlon assimile la littérature aux intérêts dela vie, quand on sait exciter par le récitlanxiété de lattente; le jugement du lec-teur sexerce sur un mot, sur une action quifait tout à coup comprendre un homme, etsouvent lesprit même dune nation et dunsiècle.

La conjuration du Riitli, telle quelle estracontée dans lhistoire de Müller, inspireun intérêt prodigieux. Cette vallée paisible des hommes, paisibles aussi comme elle,