DES HISTORIENS ALLEMANDS.
34ÿ
choisir parmi les évènements ceux qui méri-tent d’être racontés.
L’ouvrage de Müller est une chroniqueéloquente; si pourtant toutes les histoiresétoient ainsi conçues, la vie de l’homme seconsumeroit toute entière à lire la vie deshommes. Il serait donc à souhaiter queMüller ne se fût pas laissé séduire par l’éten-due même de ses connoissances. Néanmoinsles lecteurs, qui ont d’autant plus de tempsà donner qu’ils l’emploient mieux, se péné-treront toujours avec un plaisir nouveau deces illustres annales de la Suisse. Les dis-cours préliminaires sont des chefs-d’œuvred’éloquence. Nul n’a su mieux que Müllermontrer dans ses écrits le patriotisme le plusénergique; et maintenant qu’il n’est plus,c’est par ses écrits seuls qu’il faut l’ap-précier.
Il décrit en peintre la contrée où se sontpassés les principaux évènements de la con-fédération helvétique. On aurait tort de sefaire l’historien d’un pays qu’on n’auroit pasvu soi-même. Les sites, les lieux, la naturesont comme le fond du tableau, et les faits,quelque bien racontés qu’ils puissent être,n’ont pas tous les caractères de la vérité