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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
au délircde la fièvre, et doit être jugée commetelle. Sous tout autre rapport que celui del’imagination, elle seroit singulièrement at-taquable.
“ Le but de cette fiction,” dit Jean Paul,“ en excusera la hardiesse. Si mon cœur“ étoit jamais assez malheureux, assez dessé-“ ché pour que tous les sentiments qui“ affirment l’existence d’un Dieu y fussent“ anéantis, je relirois ces pages; j’en serois“ ébranlé profondément, et j’y retrouverais“ mon salut et ma foi. Quelques hommes“ nient l’existence de Dieu avec autant d’in-s ‘ différence que d’autres l’admettent; et tel“y a cru pendant vingt années, qui n’a ren-“ contré que dans la vingt-unième, la minute“ solennelle, où il a découvert avec ravisse-“ ment le riche apanage de cette croyance,“ la chaleur vivifiante de cette fontaine de“ naphte.
Un Songe.
“ Lorsque, dans l’enfance, on nous raconte“ que vers minuit, à l’heure où le sommeil“ atteint notre ame de si près, les songes“ deviennent plus sinistres, les morts se re-“ lèvent, et, dans les églises solitaires, con-“ trefont les pieuses pratiques des vivants, la