DE LA DÉCLAMATION.
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ment l’un de l’autre, et dans lesquels Ifflandparoît vivre comme chez lui.
Sa manière de jouer la tragédie est aussi,selon moi, d’un grand effet. Le calme etla simplicité de sa déclamation dans le beaurôle de Walstein ne peuvent s’effacer dusouvenir. L’impression qu’il produit est gra-duelle: on croit d’abord que son apparentefroideur ne pourra jamais remuer l’ame ;mais en avançant l’émotion s’accroît avecune progression toujours plus rapide, et lemoindre mot exerce un grand pouvoir quandil règne dans le ton général une noble tran-quillité qui fait ressortir chaque nuance, etconserve toujours la couleur du caractère aumilieu des passions.
Iffland, qui est aussi supérieur dans lathéorie que dans la pratique de son art, apublié plusieurs écrits remarquablementspirituels sur la déclamation ; il donne d’a-bord une exquisse des différentes époquesde l’histoire du théâtre allemand, l’imitationroide et empesée de la scène française, lasensibilité larmoyante des drames dont lenaturel prosaïque avoit fait oublier jusqu’autalent de dire des vers, enfin le retour à lapoésie et à l’imagination qui constitue main-
TOME II. u