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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
faut bien que les acteurs possèdent le talentd’exprimer l’un ; et l’autre; et le meilleuracteur allemand, Iffland, en donne l’exempleavec un succès mérité. Je n’ai pas vu enAllemagne de bons acteurs du haut comique,des marquis, des fats, etc. Ce qui fait lagrâce de ce genre de rôle, c’est ce que lesItaliens appellent la disinvoltura, et ce quise traduirait en français par l’air dégagé*L’habitude qu’ont les Allemands de mettreà tout de l’importance est précisément cequi s’oppose le plus à cette facile légèreté*Mais il est impossible de porter plus loinl’originalité, la verve comique et l’art, depeindre les caractères, que ne le fait Ifflanddans ses rôles. Je ne crois pas que nousayons jamais vu au théâtre français un talentplus varié ni plus inattendu que le sien, niun acteur qui se risque à rendre les défautset les ridicules naturels avec une expressionaussi frappante* 11 y a dans la comédie desmodèles donnés, les pères avares, les filslibertins, les valets fripons, les tuteurs dupés;mais les rôles d’iffland, tels qu’il les conçoit,ne peuvent entrer dans aucun de ces moules*il faut les nommer tous par leur nom; carce sont des individus qui diffèrent singulière»