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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
pourtant cette pompe habituelle que lesFrançais, et sur-tout les tragédies françaises,exigent des acteurs; notre genre ne supportepas la médiocrité, car on n'y revient au na-turel que par la beauté même de l’art. Lesacteurs du second ordre, en Allemagne, sontfroids et calmes; ils manquent souvent l’effettragique, mais ils ne sont presque jamais ri-dicules : cela se passe sur le théâtre alle-mand comme dans la société ; il y a là desgens qui quelquefois vous ennuient, et voilàtout ; tandis que sur la scène française onest impatienté quand on n’est pas ému : lessons ampoulés et faux dégoûtent tellementalors de la tragédie, qu’il n’y a pas de pa-rodie, si vulgaire qu’elle soit, qu’on ne pré-fère à la fade impression du maniéré.
Les accessoires de l’art, les machines etles décorations doivent être plus soignées enAllemagne qu’en France, puisque dans lestragédies on y a plus souvent recours à cesmoyens. Iffland a su réunir à Berlin tout ceque l’on peut désirer à cet égard ; mais àVienne on néglige même les moyens néces-saires pour représenter matériellement bienune tragédie. La mémoire est infinimentplus - cultivée par les acteurs français que