DE LA DÉCLAMATION.
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ments et dans les caractères, et nous montreles signes certains des penchants et des émo-tions vraies. Tant d'individus traversentl’existence sans se douter des passions et deleur force, que souvent le théâtre révèlel’homme à l’homme, et lui inspire une sainteterreur des orages de l’arne. En effet, quellesparoles pourroieut les peindre comme unaccent, un geste, un regard ! les paroles endisent moins que l’accent, l’accent moinsque la physionomie, et l’inexprimable estprécisément ce qu’un sublime acteur nousfait connoître.
Les mêmes différences qui existent entrele système tragique des Allemands et celuides Français se retrouvent aussi dans leurmanière de déclamer; les Allemands imitentle plus qu’ils peuvent la nature, ils n’ontd’affectation que celle de la simplicité; maisc’en est bien quelquefois une aussi dans lesbeaux-arts. Tantôt les acteurs allemandstouchent profondément le cœur, et tantôt ilslaissent le spectateur tout-à-fait froid ; ils seconfient alors à sa patience, et sont sûrs dene pas sè tromper. Les Anglais ont plus demajesté que les Allemands dans leur ma-nière de réciter les vers, mais ils n’ont pas