PIECES DU THÉÂTRE ALLEMAND,
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spectateurs ; car dans les fictions, commedans la vie, l'imagination réclame le passé,quelque avide qu'elle soit de l'avenir.
Les écrivains de la nouvelle école littéraireen Allemagne ont plus que tous les autresdu grandiose , dans la manière de concevoirles beaux-arts ; et toutes leurs productions,soit qu’elles réussissent ou non sur la scène,sont combinées d’après des réflexions et despensées dont l’anatyse intéresse; mais onn'analyse pas au théâtre, et l’on a beau dé-montrer que telle pièce devrait réussir, si lespectateur reste froid, la bataille dramatiqueest perdue ; le succès, à quelques exceptionsprès, est dans les arts la preuve du talent;le public est presque toujours un juge debeaucoup d'esprit quand des circonstancespassagères n’altèrent pas son opinion.
La plupart de ces tragédies allemandes,que leurs auteurs mêmes ne destinent pointà la représentation, sont néanmoins de trèsbeaux poèmes. L'un des plus remarquablesc’est Geneviève de Brabant, dont Tieck estl’auteur: l’ancienne légende qui fait vivrecette sainte dix ans dans un désert avec desherbes et des fruits, n’ayant pour son enfantd'autre secours que le lait d’une biche fidèle,
TOME II.
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