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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
instant, est admirablement peinte dans cettepièce : quelques écrivains ont prétendu quec’est à ce genre de jalousie qu’il faut attri-buer le destin du masque de fer: quoi qu’ilen soit, on comprend très bien comment lahaine que le droit d’aînesse peut exciterdoit être plus vive entre des jumeaux. Lesdeux frères sortent tous les deux à cheval,on attend leur retour, le jour se passe sansqu’ils reparoissent ; mais le soir on aperçoitde loin le cheval de l’aîné qui revient seuldans la maison du père: une circonstanceaussi simple ne pourroit guère se raconterdans nos tragédies, et cependant elle glacele sans: dans les veines : le frère a tué lefrère ; et le père, indigné, venge la mortd’un fils sur le dernier qui lui reste. Cettetragédie, pleine de chaleur et d’éloquence,feroit, ce me semble, un effet prodigieux s’ils’agissoit de personnages célèbres ; mais ona de la peine à concevoir des passions siviolentes pour l’héritage d’un château sur lebord du Tibre. On ne saurait trop le répé-ter, il faut, pour la tragédie, des sujets his-toriques ou des traditions religieuses qui ré-veillent de grands souvenirs dans l’amc des