258 LA LITTERATURE ET LES ARTS.
est admirablement bien traitée dans ce romandialogué. La pieuse résignation de Gene-viève est peinte avec les couleurs de la poésiesacrée, et le caractère de l’homme qui l’ac-cuse, après avoir voulu vainement la séduire,est tracé de main de maître ; ce coupableconserve au milieu de ses crimes une sorted’imagination poétique qui donne à sesactions comme à ses remords une originalitésombre. L’exposition de cette pièce se faitpar saint Boniface qui raconte ce dont ils’agit, et débute en ces termes: “Je suis“ saint Boniface qui viens ici pour vous“ dire, etc.” Ce n’est point par hasard quecette forme a été choisie par l’auteur; ilmontre trop de profondeur et de finesse dansses autres écrits, et en particulier dans l’ou-vrage même qui commence ainsi pour qu’onne voie pas clairement qu’il a voulu se fairenaïf comme un contemporain de Gene-viève; mais, à force de prétendre ressusciterl’ancien temps, on arrive à un certain char-latanisme de simplicité qui fait rire, quelquegrave raison qu’on ait d’ailleurs pour êtretouché. Sans doute il faut savoir se trans-porter dans le siècle que l’on veut peindre;mais il ne faut pas non plus entièrement