PIÈCES DÛ THÉÂTRE ALLEMAND.
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malheureux père qui a vu périr ses trois en-fants à côté de lui, et s'acharne dans lesenfers sur le crâne du farouche ennemi dontil fut la victime ; mais cet épisode ne sauroitêtre le sujet d'un drame. Il ne suffit pasd'une catastrophe pour faire une tragédie ;la pièce de Gerstenberg contient des beautésénergiques, et le moment où l'on entendmurer la prison cause la plus terrible im-pression que l'ame puisse éprouver, c'est lamort vivante ; mais le désespoir ne peut sesoutenir cinq actes ; le spectateur doit enmourir ou se consoler; et l'on pourroit ap-pliquer à cette tragédie ce qu'un spirituelAméricain, M. G. Morris, disoit des ,Fran-çais, en 1790, Ils ont traversé la liberté.Traverser le pathétique, c'est-à-dire allerau-delà de l’émotion que les forces de l’amesont capables de supporter, c'est, en man-quer l’effet.
Ivlinger, connu par d’autres écrits pleinsde profondeur et de sagacité, a composéune tragédie d'un grand intérêt, intitulée,Les Jumeaux . La rage qu’éprouve celui desdeux frères qui passe pour le cadet, sa ré-volte contre un droit d’aînesse, l'effet d'un