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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
en esquissant seulement les situations; maiscela est-il possible? Ces longs discours pleinsd’esprit et d’imaginalion, que tiennent tour àtour les differents personnages, dans quellena-ture sont-ils pris? Qui parle ainsi de soi-mêmeet de tout? Qui épuise à ce point ce qu’onpeut dire sans qu’il soit question de rienfaire? Quand il arrive un peu de mouvementdans cette pièce, on se sent soulagé de l’at-tention continuelle qu’exigent les idées. Lascène du duel entre le poète et le courtisanintéresse vivement; la colère de l’un et l’ha-bileté de l’autre développent la situationd’une manière piquante. C’est trop exigerdes lecteurs ou des spectateurs, que de leurdemander de renoncer à l’intérêt des circon-stances pour s’attacher uniquement auximages et aux pensées. Alors il ne faut pasprononcer des noms propres, ni supposer desscènes, des actes, un commencement, unefin, tout ce qui rend l’action nécessaire. Lacontemplation plaît dans le repos; maislorsqu’on marche, la lenteur est toujours fa-tigante.
Par une singulière vicissitude dans lesgoûts, les Allemands ont d’abord attaquénos écrivains dramatiques, comme trans-