TORQUATO TASSO.
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l'enivrement de l’orgueil et de l’amour; ilne se servoit guère de la parole cpie commed’un chant harmonieux. Le secret de sonqme n’étoit point dans ses discours, ni dansses écrits: il ne s’étoit point observé lui-même; comment auroit-il pu se révéler auxautres? D’ailleurs il considérait la poésiepomme un art éclatant, et non comme uneponfidence intime des sentiments du cœur.Il me semble manifeste et par sa nature ita-lienne, et par sa vie, et par ses lettres, etpar les poésies même qu’il a composées danssa captivité, que l’impétuosité de ses pas-sions, plutôt que la profondeur de ses pen-sées, causoit sa mélancolie; il n’y avoit pasdans son caractère, comme dans celui despoètes allemands, ce mélange habituel deréflexion et d’activité, d’analyse et d’enthou-siasme qui trouble singulièrement l’existence.
L’élégance et la dignité du style poétiquesont incomparables dans la pièce du Tasse;et Goethe s’y est montré le Racine de l’Alle-magne. Mais si l’on a reproché à Racinele peu d’intérêt de Bérénice, on pourraitavec bien plus de raison blâmer la froideurdramatique du Tasse çle Goethe ; le dessein4e l’auteur étoit d’approfondir les caractères,