Druckschrift 
2 (1813)
Entstehung
Seite
171
Einzelbild herunterladen
 

TORQUATO TASSO.

17 *

l'enivrement de lorgueil et de lamour; ilne se servoit guère de la parole cpie commedun chant harmonieux. Le secret de sonqme nétoit point dans ses discours, ni dansses écrits: il ne sétoit point observé lui-même; comment auroit-il pu se révéler auxautres? Dailleurs il considérait la poésiepomme un art éclatant, et non comme uneponfidence intime des sentiments du cœur.Il me semble manifeste et par sa nature ita-lienne, et par sa vie, et par ses lettres, etpar les poésies même quil a composées danssa captivité, que limpétuosité de ses pas-sions, plutôt que la profondeur de ses pen-sées, causoit sa mélancolie; il ny avoit pasdans son caractère, comme dans celui despoètes allemands, ce mélange habituel deréflexion et dactivité, danalyse et denthou-siasme qui trouble singulièrement lexistence.

Lélégance et la dignité du style poétiquesont incomparables dans la pièce du Tasse;et Goethe sy est montré le Racine de lAlle-magne. Mais si lon a reproché à Racinele peu dintérêt de Bérénice, on pourraitavec bien plus de raison blâmer la froideurdramatique du Tasse çle Goethe ; le dessein4e lauteur étoit dapprofondir les caractères,