TORQUATO TASSO.
1 %
pals en ont été plus rarement atteints. C’estquand on vit beaucoup avec soi-même etdans la solitude qu’on a de la peine à sup-porter l’air extérieur. La société est rude àbeaucoup d’égards pour qui n’v est pas faitdès son enfance, et l’ironie du monde estplus funeste aux gens à talent qu’à tous lesautres: l’esprit tout seul s’en tire mieux.Goethe auroit pu choisir la vie de Rousseaupour exemple de cette lutte entre la sociétételle qu’elle est, et la société telle qu’unetête poétique la voit ou la désire; mais la si-tuation de Rousseau prêtoit beaucoup moinsà l’imagination que celle du Tasse, J. Jacquesa traîné un grand génie dans des rapportstrès subalternes. Le Tasse, brave commeses chevaliers, amoureux, aimé, persécuté,couronné, et jeune encore mourant de dou-leur à la veille de son triomphe, est un su-perbe exemple de toutes les splendeurs et detous les revers d’un beau talent.
Il me semble que dans la pièce du Tasseles couleurs du midi ne sont pas assez pro-noncées; peut-être serait-il très difficile derendre en allemand la sensation que produitla langue italienne. Néanmoins c’est dansles caractères sur-tout qu’on retrouve les