166 LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
Un homme de lettres placé dans une courdoit se croire d’abord heureux d’y être ; maisil est impossible qu’à la longue il n’éprauyepas quelques-unes des peines qui rendirentla vie du Tasse si malheureuse. Le talentqui ne serait pas indomté cesserait d’être du.talent ; et cependant il est bien rare que desprinces reconnoissent les droits de l’imagina-tion et sachent tout à la fois la considérer etla ménager. On ne pouvoit choisir un sujetplus heureux que Le Tasse à Feyrare, pourmettre en évidence les différents caractèresd ? un poète, d’un homme de cour, d’une prin-cesse, et d’un prince agissant dans un petitcercle avec toute l’âpreté d’amour-proprequi remuerpit le monde. L’on connoît lasensibilité maladive du 'Lasse, pt la rudessepolie de son protecteur Alfonse, qui, tout enprofessant la plus haute admiration pour sesécrits, le fit enfermer dans la maison desfous ; comme si le génie qui part de lamedevoit être traité ainsi qu’un talent méca-nique dont on tire parti, en estimant l’œuvreet dédaignant l’ouvrier.
Goethe a peint Léonore d’Est, la sœur duduc de Ferrare, que le poète aimoit en secretcomme appartenant par ses vœux à l’enthou-