TORQUATO TASSO.
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subsiste encore, nous sentons la chaleur denotre propre existence, et nous voulons desaffections semblables à celles qui nous agi-tent.
11 me semble donc que Goethe n'auroitpas dû mettre dans sa pièce de TorquatoTasso la même simplicité d’action et lemême calme dans les discours qui conve-noient à son Iphigénie. ' Ce calme et cettesimplicité pourroient ne paraître que de lafroideur et du manque de naturel dans unsujet aussi moderne, sous tous les rapports,(|ue le caractère personnel du Tasse et lesintrigues de la cour de Ferrare.
Goethe a voulu peindre dans cette piècel’opposition qui existe entre la poésie et lesconvenances sociales; entre le caractère d’unpoète et celui d’un homme du monde. Il amontré le mal que fait la protection d’unprince à l’imagination délicate d’un écri-vain, lors même que ce prince croit aimerles lettres, ou du moins met son orgueil àpasser pour les aimer. Cette oppositionentre la nature exaltée et cultivée par lapoésie, et la nature refroidie et dirigée par-la politique, est une idée mère de milleidées,