164
LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
plaintes des enfers ne sauraient ébranler ;ces Parques menaçantes annoncent auxpetits-fils de Tantale que les dieux se dé-tourneront d’eux, pareeque leurs traits rap-pellent ceux de leur père. Le vieux Tantaleentend ce chant funeste dans l’éternelle nuit,pense à ses enfants, et baisse sa tête cou-pable. Les images les plus frappantes, lerhythme qui s’accorde le mieux avec les sen-timents, donnent à cette poésie la couleurd’un chant national. C’est le plus grand ef-fort du talent, que de se familiariser ainsiavec l’antiquité, et de saisir tout à la fois cequi devoit être populaire chez les Grecs, etce qui produit, à la distance des siècles, uneimpression si solennelle.
L’admiration qu’il est impossible de nepas ressentir pour l’Iphigénie en Tauride deGoethe n’est point en contradiction avec ceque j’ai dit sur l’intérêt plus vif, et l’atten-drissement plus intime que les sujets mo-dernes peuvent faire éprouver. Les mœurset les religions, dont les siècles ont effacé latrace, présentent l’homme comme un êtreidéal, qui touche à peine la terre sur la-quelle il marche; mais dans les époques etdans les faits historiques, dont l’influence