IPHIGÉNIE EN TAU-RIDE.
163
l’ensemble gagne presque Oreste lui-même.La reconnoissance d’Iphigénie et d’Oresten’est pas la plus animée, mais peut être laplus poétique qu’il y ait. Les souvenirs dela famille d’Agamemnon y sont rappelésavec un art admirable, et l’on croit voirpasser devant ses yeux les tableaux dontl’histoire et la fable ont enrichi l’antiquité.C’est un intérêt aussi que celui du plus beaulangage* et des sentiments les plus élevés.Une poésie si hante plonge l’arae dans unenoble contemplation, qui lui rend moins né-cessaire le mouvement et la diversité drama-tiques.
Parmi le grand nombre des morceaux àciter dans cette pièce, il en est un dont il n’ya de modèle nulle part: Iphigénie, dans sadouleur, se rappelle un ancien chant connudans sa famille, et que sa nourrice lui aappris dès le berceau: c’est le chant que lesParques font entendre à Tantale dans l’enfer.Elles lui retracent sa gloire passée, lorsqu’ilétoit le convive des dieux à la table d’or.Elles peignent le moment terrible où il futprécipité de son trône, la punition que lesdieux lui infligèrent, la tranquillité de cesdieux qui planent sur l’univers, et que les
m 2