COMTE D’EGMONT.
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généreuse du comte d’Egmont, et l’irritepar la dispute pour arracher de lui quelquesparoles violentes. Il veut se donner l’aird’être provoqué et de faire, par un premiermouvement, ce qu’il a combiné d’avance.D’ou viennent tant dè précautions enversl’homme qui est en sa puissance, et qu’ilfera périr dans quelques heures? C’est qu’ily a toujours dans l’assassin politique un désirconfus de se justifier, même auprès de savictime; il veut dire quelque chose pourson excuse, alors même que ce qu’il dit nepeut persuader ni lui-même ni personne.Peut-être aucun homme n’est-il capabled’aborder le crime sans subterfuge, aussi lavéritable moralité des ouvrages dramatiquesne consiste-t-elle pas dans la justice poétiquedont l’auteur dispose à son gré, et que l’his-toire a si souvent démentie, mais dans l’artde peindre le vice et la vertu de manière àinspirer la haine pour l’un et l’amour pourl’autre.
A peine le bruit de l’arrestation du comted’Egmont est-il répandu dans Bruxelles,qu’on sait qu’il va périr. Personne ne s’attendplus à la justice, ses partisans épouvantésn’osent plus dire un mot pour sa défense;
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