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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
bientôt le soupçon sépare ceux qu'un mêmeintérêt réunit. Une apparente soumissionnaît de l'effroi que chacun inspire en le res-sentant à son tour, et la terreur que tousfont éprouver à tous, cette lâcheté populairequi succède si vite à l’exaltation, est admira-blement peinte dans cette circonstance.
La seule Clara, cette jeune fille timidequi ne sortoit jamais de sa maison, vient surla place publique de Bruxelles, rassemblepar ses cris les citoyens dispersés, et leurrappelle leur enthousiasme pour Egmont,leur serment de mourir pour lui : tous ceuxqui l'entendent frémissent. “Jeune fille," luidit un citoyen de Bruxelles, “ ne parle pas“ d’Egmont, son nom donne la mort."—“ Moi," s’écrie Clara, “je ne prononcerais pas“ son nom ! ne bavez-vous pas tous invoqué“ mille fois? n’est-il pas écrit en tout lieu ?“ n’ai-je pas vu les étoiles du ciel même en“ former les lettres brillantes ? Moi, ne pas“ le nommer ! Que faites-vous, hommes hon-“ nêtes ? votre esprit est-il troublé, votre“ raison perdue ? Ne me regardez donc pas“ avec cet air inquiet et craintif, ne baissez“ donc pas les yeux avec effroi ; ce que je“ demande, c’est ce que vous désirez; ma