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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
que ce drame fût la chose même, et il fautque le charme de l’idéal préside à tout dansles ouvrages dramatiques. Les personnagesdes tragédies sont toujours en danger d’êtrevulgaires ou factices, et le génie doit lespréserver également de l’un et de l’autre in-convénient. Shakespear ne cesse pas d’êtrepoëte dans ses pièces historiques, ni Racined’observerexactement les mœurs des Hébreuxdans sa tragédie lyrique d’Atbalie. Le talentdramatique ne sauroit se passer ni de lanature, ni de l’art ; l’art ne tient en rien àl’artifice, c’est une inspiration parfaitementvraie et spontanée, qui répand sur les cir-constances particulières l’harmonie univer-selle, et sur les moments passagers la dignitédes souvenirs durables.
LeComted’Egmontme paroîtla plus belledes tragédies de Goethe; il l’a écrite, sansdoute, lorsqu’il composoit Werther: la mêmechaleur d’ame se retrouve dans ces deux ou-vrages. La pièce commence au moment oùPhilippe II, fatigué de la douceur du gou-vernement de Marguerite de Parme, dansles Pays-Bas, envoie le duc d’Aibe pour laremplacer. Le roi est inquiet de la popu-larité qu’ont acquise le prince d’Orange et le