Druckschrift 
2 (1813)
Entstehung
Seite
142
Einzelbild herunterladen
 

143

LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.

que ce drame fût la chose même, et il fautque le charme de lidéal préside à tout dansles ouvrages dramatiques. Les personnagesdes tragédies sont toujours en danger dêtrevulgaires ou factices, et le génie doit lespréserver également de lun et de lautre in-convénient. Shakespear ne cesse pas dêtrepoëte dans ses pièces historiques, ni Racinedobserverexactement les mœurs des Hébreuxdans sa tragédie lyrique dAtbalie. Le talentdramatique ne sauroit se passer ni de lanature, ni de lart ; lart ne tient en rien àlartifice, cest une inspiration parfaitementvraie et spontanée, qui répand sur les cir-constances particulières lharmonie univer-selle, et sur les moments passagers la dignitédes souvenirs durables.

LeComtedEgmontme paroîtla plus belledes tragédies de Goethe; il la écrite, sansdoute, lorsquil composoit Werther: la mêmechaleur dame se retrouve dans ces deux ou-vrages. La pièce commence au momentPhilippe II, fatigué de la douceur du gou-vernement de Marguerite de Parme, dansles Pays-Bas, envoie le duc dAibe pour laremplacer. Le roi est inquiet de la popu-larité quont acquise le prince dOrange et le