GOETZ DE BERLICHINGEN.
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douté, et meurt courageux et sombre, re-grettant la guerre plus que la vie.
On aime beaucoup cette pièce en Alle-magne ; les mœurs et les costumes nationauxde l’ancien temps y sont fidèlement repré-sentés, et tout ce qui tient à la chevalerieancienne remue le cœur des Allemands.Goethe, le plus insouciant de tous leshommes, parcequ’il est sûr de gouvernerson public, ne s’est pas donné la peine demettre sa pièce en vers ; c’est le dessein d’ungrand tableau, mais un dessein à peine achevé.On sent dans l’écrivain une telle impatiencede tout ce qui pourrait ressembler à l’affecta-tion, qu’il dédaigne même l’art nécessairepour donner une forme durable à ce qu’ilcompose. Il y a des traits de génie ça et làdans son drame, comme des coups de pin-ceaux de Michel-Ange ; mais c’est un ouvragequi laisse, ou plutôt qui fait désirer beau-coup de choses. Le règne de Maximilien,pendant lequel l’évènement principal sepasse, n’y est pas assez caractérisé. Enfinon oserait reprocher à Goethe de n’avoir pasmis assez d’imagination dans la forme et lelangage de cette pièce. C’est volontairementet par système qu’il s’y est refusé: il a voulu