Druckschrift 
2 (1813)
Entstehung
Seite
141
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GOETZ DE BERLICHINGEN.

douté, et meurt courageux et sombre, re-grettant la guerre plus que la vie.

On aime beaucoup cette pièce en Alle-magne ; les mœurs et les costumes nationauxde lancien temps y sont fidèlement repré-sentés, et tout ce qui tient à la chevalerieancienne remue le cœur des Allemands.Goethe, le plus insouciant de tous leshommes, parcequil est sûr de gouvernerson public, ne sest pas donné la peine demettre sa pièce en vers ; cest le dessein dungrand tableau, mais un dessein à peine achevé.On sent dans lécrivain une telle impatiencede tout ce qui pourrait ressembler à laffecta-tion, quil dédaigne même lart nécessairepour donner une forme durable à ce quilcompose. Il y a des traits de génie ça etdans son drame, comme des coups de pin-ceaux de Michel-Ange ; mais cest un ouvragequi laisse, ou plutôt qui fait désirer beau-coup de choses. Le règne de Maximilien,pendant lequel lévènement principal sepasse, ny est pas assez caractérisé. Enfinon oserait reprocher à Goethe de navoir pasmis assez dimagination dans la forme et lelangage de cette pièce. Cest volontairementet par système quil sy est refusé: il a voulu