COMTE D'EGMONT.
.145
comte d’Egmont; il les soupçonne de fa-voriser en secret les partisans de la réforma-tion. Tout est réuni pour donner l’idée laplus séduisante du comte d’Egmont] on levoit adoré de ses soldats, à la tête desquelsil a remporté tant de victoires. La princesseespagnole se fie à sa fidélité, bien qu’ellesache par lui-même combien il blâme lasévérité dont on use envers les protestants.Les citoyens de la ville de Bruxelles le con-sidèrent comme le défenseur de leurs libertésauprès du trône; enfin le prince d’Orange,dont la politique profonde et la prudencesilencieuse sont si connues dans l’histoire,relève encore la généreuse imprudence ducomte d’Egmont, en le suppliant vainementde partir avec lui avant l’arrivée du ducd’Albe. Le prince d’Orange est un caractèrenoble et sage; un dévouement héroïque maisinconsidéré peut seul résister à ses conseils.Le comte d’Egmont ne veut pas abandonnerles habitants de Bruxelles; il se confie à sonsort, parceque ses victoires lui ont appris àcompter sur les faveurs de la fortune, et quetoujours il conserve dans les affaires pub-liques les qualités qui ont rendu sa vie mili-taire si brillante. Ces belles et dangereuses