GUILLAUME TÊLL,
131
te fleurs des Alpes, un oiseau rare, un coquil-“ lage précieux tel qu’on en trouve sur les“ montagnes; et maintenant ce père est assis“ sur le rocher, et des pensées de mort l’oc-“ cupent ; il veut la vie de son ennemi ; mais“ il la veut pour vous, mes enfants, pour vous“protéger, pour vous défendre; c’est pour“ sauver vos jours et votre douce innocence“ qu’il tend son arc vengeur.”
Peu de temps après on aperçoit de loinGessler descendre de la montagne. Une mal-heureuse femme dont il fait languir le maridans les prisons se jette à ses pieds et le con-jure de lui accorder sa délivrance; il la mé-prise et la repousse : elle insiste encore; ellesaisit la bride de son cheval et lui demandede l'écraser sous ses pas ou de lui rendrecelui qu’elle aime. Gessler, indigné contreses plaintes, se reproche de laisser encoretrop de liberté au peuple suisse.—Je veux,dit-il, briser leur résistance opiniâtre ; je veuxcourber leur audacieux esprit d’indépen-dance ; je veux publier une loi nouvelle dansce pays ; je veux...—Comme il prononce cemot, la flèche mortelle l’atteint; il tombe ens’écriant:—C’est le trait de Tell.—Tu doisle reconnoître, s’écrie Tell du haut du rocher.
Iv 2