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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
de tuer Gessier. Tl n’a point pour but d’af-franchir son pays du joug étranger, il ne saitpas si l’Autriche doit ou non gouverner laSuisse; il sait qu’un homme a été injusteenvers un homme ; il sait qu’un père a étéforcé de lancer une flèche près du cœur deson enfant, et il pense que l’auteur d’un telforfait doit périr.
Son monologue est superbe : il frémit dumeurtre, et cependant il n’a pas le moindredoute sur la légitimité de sa résolution. Ilcompare l’innocent usage qu’il a fait jusqu’àce jour de sa flèche à la chasse et dans lesîeux, avec la sévère action qu’il va com-mettre : il s’assied sur un banc de pierrepour attendre au détour d’un chemin Gessierqui doit passer.—“ Ici,” dit-il, “ s’arrête le“ pèlerin qui continue son voyage après un“ court repos ; le moine pieux qui va pour“ accomplir sa mission sainte; le marchand“ qui vient des pa\'s lointains et traverse“ cette route pour aller à l’autre extrémité“ du monde: tous poursuivent leur chemin“ pour achever leurs affaires, et mon affaire“ à moi c’est le meurtre ! Jadis le père ne“ rentrait jamais dans sa maison sans réjouir“ ses enfants en leur rapportant quelques