LA FIANCÉE DE MESSINE.
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Quand le frère apprend que celle dont ilétoit amoureux, et pour laquelle il a tueson frère, est sa sœur, son désespoir n’apoint de bornes, et il se résout à mourir.Sa mère veut lui pardonner, sa sœur lui de-mande de vivre ; mais il se mêle à ses remordsun sentiment d’envie qui le rend encore ja-loux de celui qui n’est plus.
“ Ma mère,” dit-il, “ quand le même tom-“ beau renfermera le meurtrier et la victime,“ quand une même voûte couvrira nos“ cendres réunies, ta malédiction sera dés-“ armée. Tes pleurs couleront également“ pour tes deux fils : la mort est un puissant“ médiateur! elle éteint les flammes delà“ colère, elle réconcilie les ennemis, et la“ pitié se penche comme une sœur attendrie“ sur l’urne qu’elle embrasse.”
Sa mère le presse encore de ne pas l’aban-donner.—“ Non,” lui dit-il, “je ne puis vivre“ avec un cœur brisé. Il faut que je retrouve“ la joie et que je m’unisse avec les esprits“ libres de l’air. L’envie a empoisonné ma“jeunesse; cependant tu partageois juste-“ ment ton amour entre nous deux. Penses-“ tu que je pourrais supporter maintenant“ l’avantage que tes regrets donnent à mon