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2 (1813)
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119
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LA FIANCÉE DE MESSINE.

U9

Quand le frère apprend que celle dont ilétoit amoureux, et pour laquelle il a tueson frère, est sa sœur, son désespoir napoint de bornes, et il se résout à mourir.Sa mère veut lui pardonner, sa sœur lui de-mande de vivre ; mais il se mêle à ses remordsun sentiment denvie qui le rend encore ja-loux de celui qui nest plus.

Ma mère, dit-il, quand le même tom- beau renfermera le meurtrier et la victime, quand une même voûte couvrira nos cendres réunies, ta malédiction sera dés- armée. Tes pleurs couleront également pour tes deux fils : la mort est un puissant médiateur! elle éteint les flammes delà colère, elle réconcilie les ennemis, et la pitié se penche comme une sœur attendrie sur lurne quelle embrasse.

Sa mère le presse encore de ne pas laban-donner. Non, lui dit-il,je ne puis vivre avec un cœur brisé. Il faut que je retrouve la joie et que je munisse avec les esprits libres de lair. Lenvie a empoisonné majeunesse; cependant tu partageois juste- ment ton amour entre nous deux. Penses- tu que je pourrais supporter maintenant lavantage que tes regrets donnent à mon