LA FIANCÉE DE MESSINE.
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Ce désir d'un autre temps, d'un autre pays,est un sentiment poétique. L'homme re-ligieux a besoin du ciel, et le poëte d’uneautre terre : mais on ignore quel culte etquel sièele la Fiancée de Messine nous re-présente ; elle sort des usages modernes, sansnous placer dans les temps antiques. Lepoëte y a mêlé toutes les religions ensemble ;et cette contusion détruit la haute unité dela tragédie, celle de la destinée qui conduittout. Les évènements sont atroces, et ce-pendant l’horreur qu'ils inspirent est tran-quille. Le dialogue est aussi long, aussi déve-loppé que si l'affaire de tous ét.oit de parleren beaux vers, et qu’on aimât, qu'on fûtjaloux, qu'on liait son frère, qu’on le tuâtsans quitter la sphère des réflexions généraleset des sentiments philosophiques.
Il y a néanmoins dans la Fiancée de Mes-sine des traces admirables du beau génie deSchiller. Quand l'un des frères a été tuépar son frère jaloux, on apporte le mort dansle palais de la mère ; elle ne sait point encorequ'elle a perdu son f.ls, et c’est ainsi que lechœur qui précède le cercueil le lui annonce, :
“ De tout côté le malheur parcourt les“ villes. 11 erre en silence autour des habita-