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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
disent, des choeurs de chambellans. Le peu-ple entier peut seul avoir cette dignité in-dépendante qui lui permet d'être un spec-tateur impartial. Le choeur doit représenterla postérité. Si des affections personnellesl’animoient, il seroit nécessairement ridicule ;car on ne concevrait pas comment plusieurspersonnes diraient la même chose en mêmetemps, si leurs voix n’étoient pas censées êtrel’interprète impassible des vérités éternelles.
Schiller, dans la préface qui précède laFiancée de Messine, se plaint avec raisonde ce que nos usages modernes n’ont plusces formes populaires qui les rendoient sipoétiques chez les anciens.
“ Les palais,” dit-il, “ sont fermés ; les tri-“ bunaux ne se tiennent plus en plein air“ devant les portes des villes ; les écrits ont“ pris la place de la parole vivante; le peu-“ pie lui-même, cette masse si forte et si“ visible, n’est presque plus qu’une idée“ abstraite, et les divinités des mortels n’ex-“ istent plus que dans leur coeur. Il faut“ que le poète ouvre les palais, replace les“juges sous la voûte du ciel, relève les“ statues des dieux, ranime enfin les images“ qui par-tout ont fait place aux idées.”