LA FIANCÉE DE MESSINE.
115
personnage historique, il faut du moinsqu'elle lui conserve avec soin la physionomiequi le caractérise ; car la grandeur n’est vrai-ment frappante que quand on sait lui donnerl’air naturel. Or, dans le sujet de Jeanned’Are, c’est le fait véritable qui non seule-ment a plus de naturel, mais plus de gran-deur que la fiction.
La Fiancée de Messine a été composéed’après un système dramatique tout-à-faitdifférent de celui que Schiller avoit suivijusqu’alors, et auquel il est heureusementrevenu. C’est pour faire admettre les chœurssur la scène qu’il a choisi un sujet danslequel il n’y a de nouveau que les noms ;car c’est, au fond, la même chose que lesFrères ennemis. Seulement Schiller a intro-duit de plus une sœur dont les deux frèresdeviennent amoureux sans savoir qu’elle estleur sœur, et l’un tue l’autre par jalousie.Cette situation, terrible en elle-même, estentremêlée de chœurs qui font partie de lapièce. Ce sont les serviteurs des deux frèresqui interrompent et glacent l’intérêt parleurs discussions mutuelles. La poésie lyriquequ’ils récitent tous à la fois est superbe ;mais ils n’en sont pas moins, quoi qu’ils
i 2