JEANNE D’ARC.
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par la main toute-puissante qui l’avoit élevée.Enfin ses funestes pressentiments s’accom-plissent, et de quelle manière !
Il faut, pour concevoir l’effet terrible del’accusation de sorcellerie, se transporter dansles siècles où le soupçon de ce crime mysté-rieux planoit sur toutes les choses extraor-dinaires. La croyance au mauvais principe,telle qu’elle existoit alors, supposoit la pos-sibilité d’un culte affreux envers l’enfer; lesobjets effrayants de la nature en étoient lesymbole, et des signes bizarres le langage.On attribuoit à cette alliance avec le démontoutes les prospérités de la terre dont lacause n’étoit pas bien connue. Le mot demagie désignoit l’empire du mal sans bornes,comme la Providence le règne du bonheurinfini. Cette imprécation, elle est sorcière, ilest sorcier, devenue ridicule de nos jours,faisoit frissonner il y a quelques siècles; tousles liens les plus sacrés se brisoient quandces paroles étoient prononcées ; nul couragene les bravoit, et le désordre qu’elles met-toient dans les esprits étoit tel, qu’on eût ditque les démons de l’enfer apparoissoient réel-lement quand on croyoitles voir apparaître.
Le malheureux fanatique, père de Jeanne