74
LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
“ j’en suis convaincue), pourquoi ne seroit-ce“ |)as moi qui résignerais l’existence ? Mon“ peuple peut choisir ; je lui rends son pou-“ voir ; Dieu m’est témoin que ce n’est pas“ pour moi, mais pour le bien seul de la“ nation que j’ai vécu. Espère-t-on de cette“ séduisante Stuart, de cette reine plus jeune,“ des jours plus heureux? alors je descends“ du trône et je retourne dans la solitude de“ Woodstock où j’ai passé mon humble jeu-“ nesse, où, loin des vanités de ce monde,“je trouvois ma grandeur en moi-même.“ Non, je ne suis pas faite pour être souve-“ raine, un maître doit être dur, et mon“ cœur est foible. J’ai bien gouverné cette“ île, tant qu’il ne s’agissoit que de faire“ des heureux : mais voici la tâche cruelle“ imposée parle devoir royal, et je me sens“ incapable de l’accomplir.”
A ce mot Burleigh interrompt Elizabethet lui reproche tout ce dont elle veut êtreblâmée, sa foibîesse, son indulgence, sa pitié :il semble courageux, pareequ’il demande àsa souveraine avec force ce qu’elle désire ensecret plus que lui-même. La flatterie brus-que réussit en général mieux que la flatterieobséquieuse, et c’est bien fait aux courtisans,